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Ce dimanche 8 octobre, c'est River qui est sorti vainqueur (3:1) grâce à deux buts de Gonzalo Higuain (29' et 53') et un d'Ernesto Farias (68'). Rodrigo Palacio avait égalisé pour Boca (31'), mais les hommes de Ricardo La Volpe n'ont rien pu faire face à l'ennemi héréditaire et ne comptent désormais plus qu'un point d'avance au classement.
Mais au delà de ce match, l'énorme rivalité entre ces deux clubs, les plus titrés d'Argentine, a dépassé le cadre d'une lutte pour la suprématie nationale. Alléchés par les vieilles rancœurs, les ambitions de chacun et l'inimitable orgie de couleurs offerte par les tribunes, tous les Argentins, même les supporters d'autres clubs, laissent tout en plan pour suivre cette véritable compétition dans la compétition.
Les arguments ne manquent jamais pour expliquer la tension qui anime les supporters avant tout derby. Mais River et Boca représentent un cas particulier. Non seulement ils résident dans la même ville, Buenos Aires, mais ils comptent également une multitude de supporters à travers toutes les provinces du pays. Aussi faut-il bien plus qu'une simple journée de gueule de bois au perdant pour panser les plaies d'une défaite.
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Destins parallèles
L'animosité entre les deux ogres remonte au début du siècle dernier, à une époque où l'on ne jouait encore que pour la gloire. La première confrontation, disputée le 24 août 1913 sur le terrain du Racing Club, s'était soldée par une victoire 2:1 des Millonarios.
Il a ensuite fallu attendre dix-huit ans pour que le derby se déroule dans le cadre professionnel. Et ô surprise, il y eut un scandale : le 19 septembre 1931, River décida de quitter le terrain en première mi-temps. Motif ? L'expulsion de trois joueurs pour protestations suite à l'égalisation de Boca, déclaré vainqueur par la commission de discipline quelques jours plus tard.
Dès lors, les deux géants se sont plus ou moins neutralisés au nombre de victoires, tout du moins jusqu'aux années 90. Cette période a en effet initié une nouvelle tendance, qui a vu River devenir le patron du championnat et Boca le maître du Superclásico. Ainsi, depuis l'avènement du professionnalisme, les pensionnaires de la Bombonera ont enregistré 65 victoires, contre 60 pour les résidents du Monumental, 54 chocs ayant accouché d'un résultat nul.
Coup pour coup
Certaines rancœurs s'estompent avec le temps. C'est tout le contraire entre ces deux ennemis, dont les querelles ne font que s'exacerber au fil des ans et des derbys. En 1969, les employés de River avaient enclenché le système d'arrosage du terrain pour doucher le tour d'honneur des joueurs de Boca, qui fêtaient leur titre. Dix-sept ans après, à la Bombonera, les arroseurs se retrouvaient arrosés à leur tour…
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Sur le plan purement sportif, on a également assisté à d'inoubliables passes d'armes, comme celles des Copas Libertadores 2000 et 2004, toutes deux remportées par les Boquenses. Ces deux succès occupent bien entendu une place de choix dans les bons souvenirs du club de La Ribera, qui, grâce à une cascade de titres nationaux et internationaux, a quelque peu éclipsé son rival ces dernières années.
Derby entre amis
Mais attention, ce duel ne se résume pas à un concentré d'animosité. Au fil des années, de grandes vedettes du football argentin et sud-américain ont su faire rimer rivalité avec amitié. Prenez donc l'Uruguayen Enzo Francescoli et Diego Maradona ou, plus près de nous, Pablo Aimar et Juan Román Riquelme. Ces deux exemples prouvent que la complicité outrepasse parfois l'opposition frontale entre deux clubs ennemis.
De la complicité, il y en a eu aussi dimanche entre Daniel Passarella et Ricardo La Volpe, membres de la sélection albiceleste sacrée championne du monde en 1978. Respectivement entraîneurs de River et de Boca, ils ont fait en sorte d'oublier, le temps d'un match, leurs points communs et de ne se faire aucun cadeau.
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Son homologue ne disait pas le contraire : "Pour les matches entre River et Boca, la vie s'arrête dans le pays. C'est quelque chose d'important pour les supporters, pour les joueurs, pour les dirigeants, pour tout le monde ! Ça fait partie des matches que personne ne veut perdre".
Avant la rencontre Boca était leader devant River avec quatre points d'avance, mais la victoire 3:1 des Millionarios les a ramené à une toute petite longueur. "Nous sommes toujours vivants et nous nous battrons jusqu'au dernier match", annonce Passarella, alors qu'il reste neuf journées à disputer. "Nous avions la possibilité de nous assurer du titre cet après-midi, et nous ne l'avons pas saisie", confirme La Volpe. Tiens tiens… Pour une fois, River et Boca sont d'accord sur quelque chose !


















